Une après-midi autour de l’animation du croisement des savoirs et des pratiques avec des personnes en situation de pauvreté.

Ce 8 juin 2017 nous avons eu la chance d’être conviés par ATD Quart-Monde à assister à l’après-midi de restitution de la formation à l’animation du croisement des savoirs et des pratiques avec des personnes en situation de pauvreté. Après un petit rappel sur les origines de la démarche et sur ses fondamentaux: le croisement de différents savoirs considérés comme complémentaires et la présence essentielle de personnes en situation de grande pauvreté, nous avons pu assister aux présentations des stagiaires qui avaient participé à la formation. Ils avaient sélectionnés un certain nombre d’éléments travaillés ensemble qu’ils désiraient transmettre au groupe. Scénettes, présentations plus classiques, jeux, présentations de projets concrets nous ont permis d’entrevoir la démarche et l’éthique sous-jacente à celle-ci. L’un des exercices était par exemple destiné à nous montrer que différentes représentations pouvaient émerger autour d’une même notion et que parfois on croyait se comprendre alors qu’il n’en était rien. Nous avons dû dire ce qu’était pour nous un léger retard. Les propositions allaient de 1 seconde après l’heure dite à 20 minutes. Nous avons également été amenés à dire ce que l’accueil signifiait pour nous dans le cadre d’une école. Ici aussi des représentations variées ont émergé : grilles, respect, sourires, plan Vigipirate…

Nous avons ensuite été invités à former des petits groupes dans lesquels se trouvaient un stagiaire de chacun des groupes qui avait présenté, un militant et des personnes venues assister à l’après-midi. Dans notre groupe, nous avons longuement parlé de l’importance de travailler d’abord entre pairs et du positionnement des personnes dans ces groupes. La facilité de s’exprimer en petits groupes a été mise en avant ainsi que le fait qu’on se sentait plus légitime ensuite pour échanger. Ce n’est plus sa parole individuelle que l’on porte alors, mais celle d’un collectif. Les interpellations suite à ces prises de position sont également saisies et digérées en groupe avant de réagir. C’est ce qui permettrait des échanges plus approfondis et plus vrais que de se contenter de dire ce qu’on imagine que les autres veulent entendre. Un Monsieur témoignait toutefois du fait qu’il avait été animateur d’un groupe de pairs enseignants et que ce n’était pas toujours des représentations communes qui émergeaient. Le vécu de chacun est extrêmement important dans le positionnement. Selon que l’on ait bien ou mal vécu l’école ou selon que l’on soit parent ou non, on peut avoir un vécu et des représentations très différentes même en faisant partie du même groupe de pairs. Comment mettre de côté ce qu’on est pour n’endosser qu’une seule casquette et se faire le porte-parole d’un groupe ? Selon certains, les réunions préalables de préparation entre pairs permettraient de débattre, d’exprimer un vécu singulier puis de se mettre d’accord sur une position commune à défendre lors de l’échange entre groupes de pairs. C’est ce qui est mis en place pour les militants (pour rappel, les personnes en situation de grande pauvreté ou d’exclusion) mais ce n’est malheureusement que très rarement mis en place avec les professionnels par manque de temps. C’est parfois compliqué pour l’animateur de gérer cela même si il est légitime qu’il questionne le participant sur la position qu’il adopte.

Nous avons également évoqué l’adhésion volontaire, condition essentielle pour qu’on puisse parler de démarche de croisement des savoirs qui si elle n’est pas respectée conduit parfois à des situations compliquées. Ainsi une stagiaire témoignait d’une expérience vécue où elle avait mis en place comme animatrice un temps de croisement des savoirs entre des enseignants et des parents. Les enseignants sont arrivés avec des pieds de plomb car ils avaient été fortement incités à participer par les inspecteurs. Bien sûr en bas du courriel on leur laissait la possibilité de ne pas participer, mais était-ce réellement une possibilité ? Enfin, une question portait sur les raisons qui avaient poussé les stagiaires à s’inscrire à la formation. Dans notre groupe c’était la direction des personnes qui leur avait parlé de la formation et leur avait proposé de s’y inscrire. Beaucoup de personnes présentes avaient déjà occupés le rôle d’animateur ou avaient participé à quelques sessions de croisement des savoirs avant de se former. Même si ce n’était pas le cas dans notre sous-groupe, il a été rapporté que certains stagiaires avaient eu des difficultés à faire prendre conscience de l’intérêt de la formation et de la démarche à leurs supérieurs hiérarchiques. Le soutien des directions semble pourtant un élément indispensable à la mise en place de projets de ce type.

 

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