Semaine du handicap 2017 [deuxième édition]

Le 17 mai dernier, dans le cadre de la Deuxième Édition de la Semaine du Handicap, nous organisions un atelier intitulé « La participation sociale des personnes ayant un handicap dans le quotidien des professionnels du secteur médico-social : outils, pratiques et services. »

Cette rencontre avait pour objectif de favoriser les échanges entre personnes en situations de handicap, praticiens, politiques et chercheurs autour du défi, très contemporain en France, d’inclusion et d’amélioration de la participation sociale des personnes handicapées. Des intervenants associatifs et administratifs du Québec et de France ont présenté leurs initiatives et techniques visant à favoriser cette participation sociale. Cet après-midi permettait d’examiner les modalités de traduction de concepts théoriques vers des pratiques concrètes de terrain.

Vous trouverez ci-dessous les interventions de Geneviève Racine, Amélie Saragoni, Justine Dupeyras et Marine Bidolet-Bourgin.

Les échanges se sont poursuivis en deux ateliers.

Voici la restitution des deux sous-groupes :

Groupe 1 : « Qu’est-ce que participer ? »

Se faire entendre, être au même niveau que tout le monde, être intégré dans la société ordinaire.

« Le but c’est qu’il n’y ait plus d’ESAT mais que les personnes en situation de handicap soient intégrées dans les entreprises ordinaires, ça ce serait une vraie participation. »

Prendre les décisions, ensemble, avec les personnes en situation de handicap quand ça les concerne.

Participer c’est travailler main dans la main entre les personnes et les professionnels, aller dans le même sens

Être acteur de sa vie, pouvoir faire des choix soi-même.

Les freins à la participation

Le salaire qui est trop faible pour les personnes en situation de handicap, qui ne permet pas l’accès aux vacances, qui ne permet pas l’accès aux loisirs. Quand on est parent (en situation de handicap), on ne peut pas envoyer ses enfants en vacances. On ne peut pas leur payer le cinéma ou des activités comme ça. Ce n’est pas possible non plus d’avoir un crédit, de s’acheter une maison.

La curatelle, c’est aussi quelque chose qui est un frein à notre participation. Parce quand on est sous curatelle et qu’on a des imprévus, on ne peut pas avoir accès à son compte central et on ne peut pas gérer ces imprévus-là, parce que la curatrice ou le curateur n’est pas disponible en permanence, ce qui est embêtant en cas d’urgence.

Des solutions pour améliorer la participation ?

Mettre en place des aides pour les personnes en situation de handicap.

Le fait que tout soit accessible, notamment le Facile A Lire et à Comprendre, les pictogrammes, des personnes présentes pour rendre service comme par exemple le S3A où il y a des personnes qui sont formées dans certains magasins pour aider les personnes en situation de handicap.

Augmenter le salaire minimum des personnes en situation de handicap.

Il n’y a pas de place dans les institutions en France, on est obligé d’envoyer les personnes en Belgique.

Faciliter l’accès au compte en cas d’urgence.

Généraliser le S3A.

Diminuer la « paperasserie », parfois on nous demande de remplir beaucoup de papiers.

Faire attention aux termes utilisés, par exemple vous avez utilisé le terme recherche et pour moi recherche c’est dire un peu cobaye ou quelque chose comme ça.

Importance des échanges, des relations, des réseaux, de l’entraide.

Il y a aussi quelque chose qui a été dit sur la participation et sur ce qu’on a vécu : par exemple moi, c’est difficile quand la personne est derrière un écran et d’être à distance. C’est bien qu’on ait des moments où on se rencontre tous ensemble aussi. Quand on veut participer, c’est être ensemble dans le même espace.

Groupe 2 :

« Est-ce que les personnes en situation de handicap ont une façon particulière de participer ? On avait envie de répondre oui parce que ce sont des personnes qui parlent plus facilement, qui osent plus facilement parler, qui n’ont pas forcément de tabous, qui disent les choses telles qu’elles sont, qui ont peut-être le droit à l’erreur aussi. Ce sont des personnes singulières qui ont une approche particulière, par définition. Une façon naturelle et spontanée.

On s’est posé la question, dans la société, l’accessibilité aux informations. En prenant l’exemple de quelqu’un qui prenait le train. Quand il y a des choses qui sont écrites sur un panneau, est-ce qu’on sait interpréter ces informations-là ? Est-ce que cette question de l’accessibilité est spécifique au handicap ? Est-ce que c’est quelque chose qui concerne uniquement les personnes handicapées ou peut-être les personnes qui ne savent pas lire aimeraient bien aussi qu’il y ait des pictogrammes pour pouvoir comprendre ce qu’il se passe autour d’elles ?

La situation de handicap est surtout un problème d’ajustement du milieu aux besoins des personnes.

Le fait d’être en situation de handicap ne correspond pas forcément à un diagnostic mais ça dépend surtout des capacités de la personne à s’adapter à l’environnement et de l’environnement à s’adapter à la personne.

La capacité de la personne à s’adapter lui permet d’avoir une participation plus ou moins particulière.

Qu’entend-on par le mot participation ?

On a parlé des présidentielles et du droit de vote. Les personnes handicapées ou non sont toujours des citoyennes du pays et donc en tant que citoyenne, on est une personne à part entière. On a tous les mêmes droits. C’est à la société de trouver un système dans lequel on arrive à se comprendre et rendre plus facile. Le langage facile à lire et à comprendre est une des solutions possibles parce que c’est une façon de rendre des domaines aussi compliqués (politiques) à un plus grand nombre de personnes.

On a tous une façon particulière de participer de par ce qu’on est et ce qu’on a envie d’être et on a tous une façon particulière de s’exprimer.

Le plus important, c’est de chercher une façon de se comprendre et d’avoir une place dans la société.

A la question « comment améliorer la participation » : ça peut peut-être passer par des projets culturels, par l’accès à la recherche, par une meilleure compréhension des projets politiques.

Il y a une idée de chemin pour que la compréhension puisse se faire et peut-être un point d’équilibre à trouver, un terrain d’entente et de compréhension à avoir. »

Mot de la fin par un participant :

« Moi je peux vous dire devant Geneviève (une intervenante), devant tout le monde, tout le monde a un handicap.  Tu portes une prothèse, c’est un handicap; L’autre il lui manque un bras, c’est un handicap.  L’autre qui est un aveugle, c’est un handicap. L’autre qui porte des lunettes, c’est un handicap. L’autre qui est analphabète, qui ne sait ni lire, ni écrire, il aura toujours un handicap. Il faut les aider dans leur bien-être, dans leur professionnalité, qu’ils puissent s’épanouir dans la société. »

 

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